10 idées fausses sur le logiciel libre

10 mythes sur le Logiciel Libre

En ce long weekend du 1er Mai, j’ai pris le temps de lire la brochure très intéressante du FSFE (Free Software Foundation Europe) concernant la modernisation des infrastructures publiques avec l’aide du logiciel libre.

La publication originale étant en anglais, je me suis lancé dans sa traduction car elle en vaut vraiment la peine. N’étant pas traducteur professionnel, j’y vais a mon rythme ! Pour consulter la traduction en cours rendez-vous sur mon framapad.

Partie très intéressante de cette brochure : les 10 mythes du logiciel libre. En effet, bien que le logiciel libre soit devenu de plus en plus populaire, sa perception est encore dominée par des mythes très tenaces. Il est temps de faire la lumière sur les idées reçues.

1. Il est impossible de faire des affaires avec les logiciels libres

Les licences de logiciels libres stimulent l’innovation et le business dans le monde entier. De nombreuses grandes entreprises s’appuient fortement sur elles.
Les constructeurs automobiles installent des logiciels libres dans les ordinateurs de bord pour gérer les appels d’urgence automatiques. La plateforme de négociation de la Bourse de Londres est basée sur des logiciels libres. De plus, les principaux serveurs de nombreuses entreprises mondiales s’appuient sur des logiciels libres. Certaines des plus grandes entreprises technologiques d’aujourd’hui n’existeraient pas sans les logiciels libres.

A l’échelle d’une PME ou d’un indépendant, voici quelques logiciels libres que j’utilise régulièrement :

  1. OpenOffice
  2. Thunderbird
  3. VLC
  4. Dolibarr
  5. Processing

2. Les logiciels libres sont développés par des amateurs

Bien qu’il existe un grand nombre de projets de logiciels libres qui ont été initiés par des bénévoles, il est préjudiciable d’affirmer que seuls les amateurs contribuent au code. Beaucoup de passionnés de logiciels libres sont des professionnels de l’informatique hautement qualifiés. Les grandes entreprises investissent des millions d’euros dans des projets de logiciels libres en affectant leurs employés à l’amélioration du code. Aujourd’hui, on estime qu’environ 90 % des contributions au noyau Linux, le cœur des systèmes d’exploitation GNU/Linux, proviennent de développeurs professionnels. Bien que le noyau Linux ait été initié par un étudiant en informatique, il fait aujourd’hui partie de l’infrastructure informatique critique de presque tous les acteurs mondiaux.

3. Il n’y a pas de support professionnel pour les logiciels libres

De nombreuses entreprises de logiciels libres sont spécialisées dans les services de soutien aux clients, tels que la formation, la documentation du code, le développement et la mise en œuvre de mises à jour ou de solutions logicielles sur mesure.
Les clients qui recherchent des formules d’assistance professionnelle peuvent choisir parmi un grand nombre de fournisseurs. Le logiciel libre n’est plus une niche. C’est un mythe que les entreprises technologiques ne sont pas en mesure de gagner de l’argent avec des logiciels libres. Les associations professionnelles telles que OW2, OpenForum Europe (OFE) et l’Open Source Business Alliance (OSBA) représentent des centaines de petites et moyennes entreprises européennes spécialisées dans les services liés aux logiciels libres.

4. Rendre le code accessible au public représente un risque de sécurité

Le code des logiciels libres accessibles au public peut être vérifié par des contrôleurs indépendants pour détecter des failles de sécurité. La publication du code sert de mesure de confiance. Le concept de sécurité par code source caché est considéré par les experts comme inefficace, car il cache les problèmes de sécurité au lieu d’aider à les résoudre.
Dans certains contextes, cela peut même constituer un risque pour la sécurité. Les licences restrictives éloignent les aides utiles, tout en ne permettant pas de désarmer les malfaiteurs.

5. Les logiciels libres réduisent à zéro les coûts des services informatiques

Il est vrai que la réutilisation du code des logiciels libres peut être gratuite, mais cela ne veut pas dire qu’une institution dont les logiciels sont 100% libres n’a pas de dépenses informatiques. Le développement et l’amélioration des fonctionnalités, ainsi que les services d’assistance, coûteront de l’argent. Les licences de logiciels libres sont, dans de nombreux cas, choisies non seulement en raison d’incitations monétaires à court terme, mais aussi dans le cadre d’une stratégie de souveraineté sur les technologies de l’information, empêchant ainsi le verrouillage des fournisseurs.

6. Le logiciel libre est moins convivial

L’époque où les logiciels libres ne disposaient pas d’une interface utilisateur agréable est révolue depuis longtemps. Le système d’exploitation le plus populaire pour les smartphones (Android) est basé sur des logiciels libres. La plupart des écrans de télévision modernes sont exploités par des logiciels libres. Wikipédia, l’un des sites web les plus populaires au monde, est entièrement basé sur des logiciels libres. Certains des systèmes de gestion de contenu (CMS) les plus utilisés pour des sites web tels que WordPress, Drupal et Typo3 sont également des logiciels libres.

7. Les logiciels libres ne sont pas compatibles avec les logiciels propriétaires

VLC

Les logiciels libres peuvent être complémentaires aux logiciels propriétaires. De nombreuses organisations utilisent des logiciels partiellement propriétaires et partiellement libres. Les exemples les plus marquants de projets fonctionnant sur différents systèmes d’exploitation sont le navigateur Firefox, LibreOffice et le lecteur multimédia VLC.
De plus, il existe de nombreuses applications non libres qui sont compatibles avec les systèmes d’exploitation de logiciels libres. Alors que dans les projets non libres, le propriétaire du logiciel décide de la compatibilité souhaitée, les licences libres permettent aux entreprises et aux particuliers de le modifier librement en fonction de leurs besoins.

8. Le logiciel libre est un logiciel sans licence

Il existe de nombreuses licences de logiciels libres qui comportent des conditions spécifiques pour la copie et la modification du code. Le terme “libre” dans les logiciels libres fait référence aux “quatre libertés” : les droits d’utiliser, d’étudier, de partager et d’améliorer le logiciel. Pour qu’un morceau de code soit considéré comme un logiciel libre, il ne suffit pas de le publier. Afin de garantir que le logiciel accorde ces libertés à d’autres, une licence appropriée est nécessaire.

9. L’utilisation de logiciels libres comporte des risques juridiques

Les décisions de justice ont confirmé qu’il n’est pas obligatoire de fournir des garanties pour les logiciels libres, s’il n’y a pas de preuves supplémentaires suggérant le contraire. Toutefois, comme pour toute autre licence, certaines règles accompagnant une licence de logiciel libre doivent être respectées. Par exemple, vous n’êtes pas autorisé à empêcher d’autres utilisateurs d’utiliser, d’étudier, de partager et d’améliorer le logiciel.

10. Le logiciel libre est une tendance éphémère

Le logiciel libre n’est pas une tendance à court terme, c’est en fait une réussite à long terme. La première licence explicite de logiciel libre a été publiée dans les années 1980. Depuis lors, le nombre de personnes, d’entreprises et d’institutions qui utilisent des logiciels libres et contribuent au code est en constante augmentation. De plus en plus de gouvernements encouragent leurs administrations publiques à utiliser des logiciels libres et à fournir l’accès à du code financé par des fonds publics sous une licence de logiciel libre. Certains pays, comme la Bulgarie et l’Italie, ont même mis en place des lois qui stipulent que les nouveaux projets financés par des fonds publics doivent aboutir à un code public.

 

Publication originale :
https://download.fsfe.org/campaigns/pmpc/PMPC-Modernising-with-Free-Software.pdf

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